Le Bouge

Implanté sur une étroite bande de terre boueuse, régulièrement inondée par les eaux de la Sélitane, le Bouge est un sordide amas de bicoques, de masures en ruine, de cahutes misérables et de tentes, où vivent les plus démunis du Domaine de Faucongris. Ce bidonville s’étend jusqu’au pied du talus abrupt sur lequel s’élève le rempart nord du Haut-Quartier.

Nombre de familles s’y sont récemment réfugiées après avoir fui leur pays et perdu tous leurs biens lors de la Grande Guerre. La plupart des habitants sont néanmoins des marginaux solitaires. Nombre d’entre eux sont des transfuges de la Guilde des Voleurs (V24) ou de l’Union des Mendiants (B9), qui s’y cachent pour échapper à des représailles, sans pouvoir se résoudre à s’éloigner davantage de la cité. D’autres sont des fugitifs, des criminels recherchés ou des agents de puissances extérieures, qui trouvent là un endroit idéal pour passer inaperçus. Ils n’ont pas tort, car les autorités et les différentes guildes de la cité se désintéressent totalement du Bouge et ne s’y rendent qu’en cas d’absolue nécessité.

Environ un millier d’âmes vivent ici ; un nombre qui diminue sensiblement en hiver. On n’y trouve aucun commerce, aucun artisan digne de ce nom, et un seul lieu de culte : une modeste chapelle de Saint Cuthbert (Q1) entretenue par le père Nicholi Nortoi. Avec l’aide d’une poignée de fidèles, il apporte autant de réconfort que possible à la population, enrayant la propagation des maladies et veillant à ce qu’aucun enfant ne meure de faim.

Quelques bagarres éclatent avec les rhéniens, dont les embarcations envahissent le Cul-des-Barges en dehors de l'hiver et gênent fortement l'accès aux quais. Toutefois, la plupart des habitants du Bouge s'accommodent de leur présence et préfèrent éviter tout affrontement, pourvu qu'on les laisse pêcher depuis l'emblématique Ponton du Bouge (Q2). Pour se procurer de la nourriture, les habitants du Bouge chassent également dans le Parc des Collines Nord, malgré qu'il s'agisse d'un crime puni de travaux forcés.