Cul-des-Barges

Il s’agit d’une anse peu profonde et boueuse, infestée de moustiques, dans laquelle une partie des eaux de la Sélitane stagne paresseusement au détour d’un méandre. Les premiers quais de la cité de Faucongris furent installés à cet endroit en raison de sa facilité d’accès pour les embarcations légères. Mais le développement du commerce fluvial conduisit à l’aménagement de quais plus adaptés en aval, reléguant progressivement les quais du Bouge à l’abandon.

Comme plus personne ne voulait vraiment de cet endroit insalubre, des bateliers rhéniens se le sont approprié comme foyer. Chaque année, au début du printemps, ils amarrent leurs barges les unes aux autres pour former une vaste plateforme flottante, dont une extrémité est fixée au robuste Ponton du Bouge (Q2), seul vestige en bon état des anciens quais.

Chaque barge est une embarcation à fond plat, robuste et assez élaborée, dotée d’un pont surélevé au-dessus d’une cabine fermée. Leur longueur varie de 9 à 14 mètres. Les plus grandes possèdent deux mâts, les autres un seul. Chaque barge abrite 1d6+14 rhéniens, dont 75 % sont des combattants de niveaux 1 à 6, bien équipés.

L’anse, rebaptisée ironiquement « Cul-des-Barges » par les habitants du Bouge, accueille 4d10 de ces barges jusqu’au début de l’hiver, moment où les rhéniens remontent le fleuve à la perche pour se rendre à leur rassemblement annuel sur les rives du lac Nyr Dyv.

Ces rhéniens forment une petite communauté indépendante, repliée sur elle-même. Les services officiels de la cité évitent les lieux, les laissant à leur sort et régler leurs affaires entre eux. Quiconque est reconnu comme l’ami d’un rhénien est le bienvenu au Cul-des-Barges. Un tel individu peut y trouver une cachette, du réconfort et des soins. À l’inverse, celui qui a offensé un rhénien — n’importe lequel, même longtemps auparavant — ferait bien de ne pas monter à bord.