Les étrangers qui se promènent le long de la Sélitane sont souvent intrigués par ce très vieil édifice d’un étage, massif et trapu, dont la pierre usée semble avoir résisté à des siècles d’embruns et de crues. Adossé au talus rocheux qui soutient les remparts de la Cité de Faucongris, le temple paraît presque écrasé par la muraille qui le surplombe de toute sa hauteur.
La divinité suloise Xerbo veille sur les voyageurs maritimes et sur les marchandises confiées aux flots. Or, de nombreux marchands de Faucongris transportent leurs cargaisons par les rivières, les lacs et les mers. Aussi, certains négociants viennent-ils se recueillir ici, gravissant les marches du perron pour déposer une offrande avant d’expédier leurs biens ou d’entreprendre eux-mêmes un voyage.
Le vaste portail d’entrée est surmonté d’un tympan évoquant des écailles de tortue. Il s’ouvre sur un hall sombre où se déploie une superbe reproduction en pierre d’une galère marchande avec son équipage. Plus loin, la salle principale abrite l’autel de Xerbo, sobre mais imposant, autour duquel flottent en permanence des odeurs de sel et d’huile qui rappellent les ponts battus par les embruns.
Le seul véritable trésor du temple est constitué de six tapisseries anciennes, chacune représentant une scène dramatique : navires pris dans la tourmente, affrontements contre des monstres marins ou batailles navales acharnées. Ces œuvres, d’une grande valeur (500 po chacune), sont soigneusement préservées contre l’humidité ambiante du bâtiment.
Le haut prêtre de Xerbo, Talmud Quehris [N, humain, Prêtre 13], dirige six prêtres de rang inférieur et veille à maintenir le culte malgré des moyens limités. Pourquoi un prêtre de sa stature officie dans un temple aussi modeste, à l’écart des grandes routes maritimes, demeure un mystère. Quelles qu’en soient les raisons, Talmud semble avoir accepté son sort – voire l’avoir choisi. Il s’est profondément attaché à ce temple oublié, qu’il considère comme un vestige précieux de la gloire suloise.
Récemment, deux prêtres d’Osprem – divinité suloise des navires et des marins – ont trouvé refuge dans le temple. Sous l’autorité de la prêtresse Déyani Mor [LN, humaine, Prêtresse 7], ils ont installé un petit autel au premier étage. Les deux groupes s’entendent bien, mais se fréquentent finalement assez peu au quotidien.
Malgré son importance symbolique, le temple souffre d’un cruel manque de ressources. Éloigné des mers, il ne reçoit que de modestes offrandes, insuffisantes pour restaurer ses murs fatigués. De nombreux marchands sulois de la ville préfèrent honorer Xerbo plutôt que Zilchus, mais leur dévotion se traduit rarement en dons conséquents.
Notes pour le MD : Le clergé recherche activement des mécènes capables de financer la restauration du temple. En échange, les prêtres peuvent offrir leurs services à moindre coût, voire gratuitement : bénédictions pour les voyages, protections contre les tempêtes ou rituels destinés à assurer la prospérité des cargaisons. Un personnage influent ou une compagnie marchande pourrait ainsi gagner un allié discret mais précieux.