Les Dieux de Greyhawk
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Demi-Dieux

Wenta (La Fille Récolte)

La Cabaretière

Avec le vent de l'Ouest, arrive le temps des récoltes et du brassage. Après une
dure journée de labeur, de bons amis et moult boissons réchaufferont ton cœur.

Déesse Mineure de rang 9

Alignement :
Chaotique Bon
Plan d'existence :
L'Arborée / Olympus
Résidence :
Arvandor
Symbole :
Une chope de bière
Domaines :
Automne, Vent de l'Ouest, Récoltes, Brassage.
Panthéon :
Œridien, Commun (peu vénérée)
Suivants (algt) :
Tout non mauvais
Suivants (type) :
Fermiers, brasseurs.
Symbole de Wenta


Wenta

Avatar :

Wenta apparaît presque toujours sous les traits d’une jeune femme joviale aux formes généreuses, aux joues rosies par l’air frais et l’alcool. Elle est habillée simplement selon la mode locale, se distinguant surtout par son chapeau de paille et par la chope en bois de chêne dont elle ne se sépare jamais. Elle rit fort, boit volontiers, et sa bonne humeur est communicative, incitant les mortels à faire de même. Toutefois, elle n’hésite pas à rappeler à l’ordre ceux qui dépassent les bornes, quitte à en venir aux mains.

Wenta (Prêtresse 20, Mage 15, Guerrière 10)
RM 50 % ; CA -3 ; MV 12 ; PV 152 ; TAC0 1 (chope ou poing) ; #AT 2 ; Dmg 1d6+12 (chope) ou 1d2+10 (poing ; 75 % de dégâts temporaires) ; TA moyenne (1m71) ; For 19, Dex 17, Con 19, Int 18, Sag 20, Cha 22.

Wenta est immunisée aux effets de l’ivresse, à l’acide, aux poisons et aux maladies. Elle peut utiliser les sorts de toutes les sphères accessibles aux druides ainsi qu'aux clercs d'alignement bon. Elle connaît tous les sorts des écoles d’illusion, d’altération, de charme et de divination, mais n’a pas accès aux autres écoles de magie.

Sa chope magique, Dame-Brassine, se remplit à volonté d’une bière brune ou blonde, selon le désir de son porteur. Fraîche et réconfortante, cette boisson bénie dissipe la fatigue, remonte le moral, neutralise les poisons présents dans l’organisme et guérit des maladies ordinaires. Dame-Brassine peut également être utilisée comme un gourdin +3, sans jamais se briser ni se vider. Tout adversaire frappé doit réussir un jet de sauvegarde contre la pétrification ou être étourdi pendant 2d4 rounds. Un second coup porté sur une cible déjà étourdie l’assomme carrément pendant 2d8 rounds, en cas d’échec à un nouveau jet de sauvegarde ajusté d’un malus de -4.

Wenta est experte au combat à mains nues sous toutes ses formes. Lorsque la situation n’est pas trop critique, elle se jette volontiers dans la mêlée – par exemple, lors d’une rixe de taverne – usant de ses poings plutôt que d’une arme. Elle bénéficie d’un ajustement de ±3 sur la table de pugilat et de lutte, et a deux fois plus de chance d’assommer ou de maîtriser un adversaire ayant consommé de l’alcool, ne serait-ce qu’une goutte, au cours de la journée.

A chacun des rounds où elle combat en mêlée, Wenta peut également lancer n’importe quel sort de son répertoire. Elle s’en sert le plus souvent pour transformer un affrontement sérieux en une confusion bruyante et ivre de rires, ou pour détourner l’attention et désorienter des adversaires trop nombreux ou trop puissants.

Autres manifestations

Wenta aime agir discrètement, si bien que de nombreux phénomènes lui sont attribués sans que l’on puisse jamais affirmer avec certitude qu’elle en soit l’origine :

  • une brise fraîche venue de l’ouest par une journée de chaleur étouffante ;
  • un orage de grêle retardé juste assez longtemps pour achever une récolte de houblon ;
  • un brassage réussi au-delà de toute espérance ;
  • un breuvage médiocre qui devient excellent en vieillissant ;
  • une bagarre de taverne qui éclate sans raison apparente ou qui, au contraire, s’achève dans un éclat de rire général.

Wenta peut accorder sa faveur de manière plus tangible, en enveloppant brièvement un individu ou un objet d’un petit tourbillon d’air, d’où semble jaillir un rire joyeux. Elle peut ainsi transmettre un message télépathique, octroyer une protection divine pour une journée ou graver dans l’esprit d’un fidèle un sort qu’il ne pourra utiliser qu’une seule fois. De même, elle peut accorder des pouvoirs magiques à un objet ordinaire, ou renforcer ceux d’un objet déjà enchanté, le temps d’une tâche particulièrement difficile pour son propriétaire.

Aspects mythiques

Wenta est la plus jeune des Velaeri, les cinq divinités œridiennes du vent, des saisons et de l’agriculture, engendrées par le Seigneur des Tempêtes Procan et la Reine des Airs Akadie. Elle incarne la fraîcheur de l’automne portée par les vents de l’ouest, l’achèvement du cycle agricole et la préparation à l’épreuve hivernale. Plus que les récoltes elles-mêmes, elle préside à leur juste conclusion : leur transformation, leur partage, leur préservation et, tout spécialement au brassage accompli et à la récompense du labeur enfin savourée. À ce titre, elle est une divinité de la transition et du plaisir, occupant une place privilégiée dans le cœur de ceux qui vivent de la terre.

Déesse joyeuse, Wenta se distingue par son esprit libre et vagabond. Ainsi, on lui prête de nombreuses aventures amoureuses sans jamais qu’elle se soit liée durablement à quiconque. Elle se rend là où l’appellent les rassemblements festifs, la bière fraîche, les rires et les chansons. Elle préfère que l’on festoie plutôt que l’on prie, et voit dans la convivialité et la boisson partagée une forme de dévotion plus sincère que les offices solennels. Elle ne réclame ni temples grandioses ni prières interminables : il lui suffit que les récoltes soient menées à terme et que nul ne soit laissé seul face à l’hiver.

Si Wenta assume sans réserve son rôle auprès des mortels, elle se tient à l’écart des intrigues divines et des responsabilités théologiques, estimant que l’équilibre du monde se maintient tout aussi sûrement par la camaraderie, le partage et la joie simple que par les grandes décisions cosmiques. Elle se tient donc à distance des divinités qui ne partagent pas ses valeurs, et évite, autant que faire se peut, la confrontation avec ceux pour lesquelles elle éprouve pourtant une franche antipathie – à l’instar de son frère Telchur, dont elle supporte mal la rigueur et l’austérité. À l’inverse, elle se montre parfaitement à l’aise et extrêmement cordiale avec les divinités bienveillantes qui partagent avec elle une vision profondément humaine et concrète du monde.

Les Velaeri

Au temps jadis, le culte des Velaeri occupait une place centrale au sein d’une société œridienne pastorale où la survie dépendait directement de la pluie, du soleil et des cycles saisonniers. Lors des grandes migrations qui suivirent les Cataclysmes Jumeaux, les œridiens se tournèrent davantage vers les divinités du voyage – Célestian et Fharlanghn – qui correspondaient bien mieux aux besoins spirituels d’un peuple en mouvement. Par la suite, au contact des autres peuples de la Flannesse et l’avènement du Grand Royaume d’Ærdie, les dieux de la guerre, de la loi, de l’ordre et de la prospérité commerciale – Heironeous, Hextor, Pholtus et Zilchus – gagnèrent une place dominante au sein de la société œridienne, reléguant les Velaeri au second plan.

Cependant, bien qu’ils ne rassemblent plus les masses ni n’exercent d’influence majeure, les Velaeri – et tout particulièrement Velnius – n’en demeurent pas moins des divinités primordiales dans le cœur des communautés rurales d’ascendance œridienne. Sans les Velaeri, les campagnards pensent que les saisons cesseraient de se succéder en harmonie et que l’agriculture – fondement même des sociétés humaines – s’effondrerait, plongeant le monde dans le chaos.

Le culte de Wenta

Dogme

Lorsque soufflent les vents frais de l’ouest, vient le temps du stockage et de la conservation des récoltes, ainsi que de leur transformation en divins breuvages par fermentation, distillation ou brassage.
Le brassage est un art sacré qui requiert savoir-faire, patience et autant d’attention qu’un être cher. Une bière savoureuse honore à la fois la terre et ceux qui l’ont travaillée ; un breuvage médiocre les trahit.
La récompense d’une journée de labeur est une nuit fraîche, de bons compagnons et moult boissons généreuses qui délient les langues et réchauffent les cœurs.

Le culte enseigne que le fruit du travail n’a de sens que s’il est partagé, et que la survie passe autant par les réserves engrangées que par les liens forgés autour d’une table, d’un feu ou d’un tonneau. Camaraderie, générosité et joie partagée sont autant de remparts contre le froid, l’isolement et le découragement.

Les adorateurs

Wenta est honorée par les fermiers et les ouvriers agricoles, mais son culte attire surtout ceux qui assurent la transformation, la conservation et le partage des récoltes. Les brasseurs, les vignerons, les distillateurs, les taverniers et les aubergistes comptent parmi ses fidèles les plus fervents, de même que tous ceux qui apprécient leurs productions – le plus souvent sans modération.

Le culte de Wenta est indissociable de celui des Velaeri, dont elle incarne le visage automnal. Les Velaeri sont vénérés essentiellement dans le Royaume-Uni d’Ahlissa, la Marche aux Ossements, le Royaume du Nord, le Comté d’Urnst, Ratik, la Solandie, l’archevêché de Veluna et Maison-Haute. Ils sont également honorés aux côtés de Merikka, demi-déesse de la paysannerie, dans la Grande Marche et le nord-ouest de Kéolande. Bien que leur culte soit interdit dans la Théocratie d’Arbonne, nombre de fermiers de cet État intransigeant leur font des offrandes en secret. Quelques foyers du culte des Velaeri subsistent en Pérennelande, en Furyondie et même en Pavoisie occupée.

Profondément enracinée dans la vie quotidienne, Wenta est la Velaeri dont le culte est le plus répandu dans les régions agricoles à forte population œridienne. En revanche, elle peine à toucher le cœur des Flannas, dont le rapport à la nature, plus spirituel et solennel, s’incarne avant tout dans les cultes de Béory et de Béreï. Son culte est encore plus marginal chez les Sulois, qui privilégient des divinités agricoles plus austères et exigeantes.

Joyeux buveurs

Lieux de culte

Les lieux de cultes les plus anciens sont généralement dédiés à l’ensemble des Velaeri, reflétant leur origine commune et l’indissociabilité de leurs sphères d’influence. Ces sanctuaires sont décrits dans la page consacrée à Velnius car la majorité d’entre eux relèvent de l’autorité de son clergé, chargé de veiller à l’équilibre général des cycles climatiques et saisonniers.

Dans nombre de bourgs agricoles des terres sous influence œridienne, on peut trouver une Maison des Bonnes Brassées, un lieu d’accueil et de convivialité, où la prière se confond volontiers avec le rire, le partage et la boisson. Il s’agit généralement d’un bâtiment en pierre ou en torchis, à l’architecture rustique, parfois adossé à une taverne ou à une auberge appartenant au clergé.

À l’intérieur, quelques cuves de brassage et des étagères chargées de tonnelets composent l’essentiel de l’aménagement ; une grande table commune fait office d’autel et une peinture naïve de la Cabaretière – joues rouges, chapeau de paille et chope levée – trône souvent au-dessus des cuves. Tenue par un ou deux prêtres de Wenta, eux-mêmes brasseurs, on y prépare une bière de qualité dont la vente constitue la principale source de revenus du clergé. Une part de la production est systématiquement mise de côté pour les veuves, les vieillards et ceux qui ont connu une mauvaise saison.

Abbaye de Sainte Hildegarde (Véluna, Diocèse de Whitehale)
Abbaye de Sainte Hildegarde
Située à quelques jours de marche de la Cité Sainte de Mitrik, au lieu-dit de Blanchecombe sur les rives d’un affluent de la rivière Fals, l’abbaye de Sainte Hildegarde se distingue par son caractère à la fois monastique et profondément ouvert. Elle n’était à l’origine qu’un corps de ferme comprenant une maison principale, un moulin à grain, une vaste grange et quelques hectares de terres agricoles. Ce domaine fut légué à l’Église de Wenta par un riche exploitant sans héritier qui avait trouvé auprès des prêtres de la déesse, durant les dernières années de sa vie, une joyeuse compagnie, du réconfort et le goût retrouvé des plaisirs simples. Le culte fit alors aménager la grange en église abbatiale, conservant volontairement son architecture rustique, et édifia un cloître simple et lumineux attenant à celle-ci. D’autres bâtiments s’agrégèrent par la suite afin de loger les moines et d’accueillir les visiteurs.
Dirigée par l'abbé Augustin Colomban, l'institution abrite actuellement 24 moines, et sa brasserie jouit d’une réputation considérable. Ses bières, appréciées pour leur qualité et leur constance, sont vendues dans les tavernes renommées de Véluna et des pays limitrophes, assurant de confortables revenus à l'abbaye.
Sur le fronton de l’église est inscrite la devise de l’abbaye, en œridien :
« Du travail de l’homme et de l’amour de Wenta, la bière est venue au monde. »
L’église abrite une châsse contenant le corps de Sainte Hildegarde, prêtresse experte en botanique, canonisée pour avoir découvert que l’ajout de houblon rendait la bière plus saine et lui permettait de se conserver plus longtemps.

Objets associés

Chope d'abondance
Il existe de nombreuses variétés de cet objet magique, mais la plupart sont de manufacture naine. La version la plus commune est une grande chope en grès qui peut se remplir immédiatement à ras bord de bière brune ou blonde, voire d'hydromel, en prononçant le mot de commande adéquat. On trouve plus rarement des chopes d'abondance en bois de chêne, inévitablement associées au culte de Wenta, même si leur origine est incertaine. C'est l'objet le plus prisé par les prêtres de Wenta, et en détenir une confère un grand prestige au sein du culte.
Chope de Saint-Arnoult
Cette relique est une grande chope en bois de chêne, d'une contenance d'un litre, simplement ornée d'un motif de houblon. Sa particularité est d'être remplie en permanence d'une délicieuse bière brune aux aromes prononcés de chocolat et de noix. Sitôt la chope vidée, elle se remplit à nouveau, pourvoyant à volonté son précieux liquide... mais la rendant difficile à transporter.

Rituels particuliers

La dévotion à Wenta est profondément intégrée à la vie quotidienne. Que ce soit dans les marchés animés ou dans les fermes isolées, son nom est prononcé avec le sourire, son esprit imprégnant chaque gorgée de bière et chaque grain récolté. Des gestes simples suffisent à honorer la déesse : une courte prière murmurée lors d’une récolte ou d’une étape essentielle du travail de transformation des produits agricoles, une chope levée en invitant à boire en son honneur, ou l’un des nombreux chants de taverne composés à sa gloire.

Les prières les plus solennelles lui sont le plus souvent adressées en remerciement de ses bienfaits, au moment du coucher du soleil, lorsque la journée de labeur s’achève, ou à l’ouverture d’un tonneau. Des observances mineures ont lieu le quatorzième jour de chaque mois, rappelant que toute récolte, même modeste, mérite d’être célébrée.

Les offices sont chaleureux et informels. Ils prennent la forme de veillées animées, souvent précédées d’un repas communautaire où la bière brassée sur place tient une place centrale. On y chante, on échange des récits autour du feu et l’on porte des toasts rituels. Il est fréquent que l’on s’y assoupisse sur un banc ou près de l’âtre, sans que cela ne soit jamais considéré comme un manque de respect.

Le brassage lui-même est considéré comme un acte sacré. Chaque cuve est bénie lors de rituels célébrés au crépuscule, et le premier service d’un nouveau tonneau s’accompagne toujours d’une offrande symbolique à la déesse.

Fêtes religieuses importantes

Festival de l’Automne (Brassine) (toute la semaine du Festival du Brassage)
Le Festival du Brassage constitue la période la plus sacrée de l’année pour les fidèles de Wenta. Il commence par un jour férié, au cours duquel nul n’est obligé de travailler. La semaine est ensuite marquée par une succession de réjouissances publiques, de festins et de concours récompensant les meilleurs produits du terroir, où la dévotion s’exprime bien davantage par la convivialité et le partage que par des offices solennels. Musique, danse, rires et chants accompagnent de longues veillées, parfois émaillées de querelles vite dissipées dans la bonne humeur ambiante.
Régal de Wenta (4ème jour du Festival du Brassage, Équinoxe d’Automne)
Point culminant de la semaine sacrée, le Régal de Wenta est le grand jour saint qui marque le début de l’automne et les festivités atteignent leur apogée. Dans les communautés œridiennes, on fait des offrandes à la déesse afin qu’elle accorde son aide pour préparer au mieux l’hiver à venir, en veillant à la bonne conservation des réserves et à la réussite des brassages.
Des banquets sont préparés à partir des produits de l’année, tandis que des concours de brassage et de beuverie rythment la journée. Le moment qui précède immédiatement le coucher du soleil est consacré à une prière collective, avant que la fête ne se prolonge souvent fort tard dans la nuit.
Cette fête a largement dépassé le cadre du culte de Wenta. Dans de nombreuses régions, elle est connue sous le nom plus profane de Fête de la Bière et attire des foules venues de toutes confessions, qui se joignent volontiers aux réjouissances sans pour autant honorer formellement la déesse.
Prêtresse de Wenta

Prêtres du culte (les Brassiers)

Profil psychologique des prêtres

Les Brassiers sont travailleurs, diligents dans leur tâche, détestant remettre au lendemain ce qui peut être accompli le jour même. À leurs yeux, toutefois, l’effort n’a de sens que s’il mène au partage, et leur foi s’exprime avant tout par l’hospitalité et la générosité. Ce sont des prêtres joviaux et expansifs, profondément attachés aux plaisirs simples de l’existence, qui supportent mal la solitude prolongée. Ils se sentent à l’aise parmi les gens du peuple et n’ont pas peur de parler aux inconnus.

Beaucoup ont un tempérament chaleureux et direct, parfois excessif, et ne supportent pas la froideur, la mesquinerie ou les morales trop sévères. Ils estiment que l’on honore davantage Wenta en levant sa chope avec ses voisins qu’en s’enfermant dans un silence austère, et encouragent un usage festif de l’alcool : pour eux, il est un réconfort partagé et non un refuge solitaire.

Organisation

L’Église de Wenta se présente comme un vaste réseau de Maisons des Bonnes Brassées, d’abbayes et de tavernes inféodées au culte, unies par une même foi mais dépourvues d’autorité centrale. Chacune de ces institutions jouit d’une large autonomie financière grâce à la vente des alcools qu’elle produit. S’il existe une hiérarchie, elle est essentiellement régionale, s’établissant au sein de cercles locaux centrés sur un lieu de culte réputé. La préséance repose avant tout sur la reconnaissance de la communauté et sur la maîtrise de l’art du brassage : les prêtres dont les bières sont renommées, dont les caves sont prospères ou dont l’hospitalité est exemplaire acquièrent un grand prestige et font autorité.

Les novices, appelés Apprêts, sont chargés des tâches les plus simples : nettoyage des cuves, manutention, entretien des bâtiments, service dans les tavernes et surveillance des cultures et des installations. Ils apprennent les rites de Wenta, dont le brassage fait partie intégrante. Même après leur ordination, ils poursuivent leur formation au sein d’une Maison des Bonnes Brassées ou d’une abbaye. Ce n’est qu’à partir du 3ème niveau qu’ils peuvent choisir de parcourir les routes ou de fonder une modeste Maison des Bonnes Brassées dans un village de campagne.

Les fidèles, comme les prêtres entre eux, s’adressent le plus souvent aux Brassiers en les appelant Frère ou Sœur. Le dirigeant d’une abbaye porte le titre d’Abbé ou d’Abbesse, tandis que celui d’une Maison des Bonnes Brassées est nommé Maestre de Cuve. Les prêtres de plus haut niveau, dont les recettes et le savoir-faire font autorité au sein du culte, sont appelés Maestre de Brassage, voire Archi-Maestre de Brassage à partir du 14ème niveau.

Activités journalières

Les Brassiers accomplissent une première prière à l’aube afin de bénir la journée à venir, de préférence rassemblés autour d’un copieux petit-déjeuner, avant d’aller vaquer à leurs travaux brassicoles et communautaires. Ils concluent leur journée de labeur par une seconde prière – brève mais indispensable pour pouvoir obtenir et mémoriser leurs sorts – juste avant le coucher du soleil, ce moment sacré où le travail cède la place au repos et à la convivialité.

Tout au long de l’année, ils veillent à la transformation et à la conservation des récoltes, surveillent les fermentations, entretiennent les réserves et organisent des rassemblements durant lesquels l’alcool coule volontiers à flot. En été, ils jouent un rôle essentiel dans l’organisation des tâches agricoles, planifiant la mise en œuvre des récoltes afin que le travail soit réparti équitablement et achevé à temps. À l’automne, ils dirigent surtout les opérations de brassage, de distillation et de mise en réserve, préparant la communauté à affronter l’hiver.

Les plus jeunes parcourent volontiers les routes afin d’apprendre de nouvelles techniques de brassage, découvrir d’autres traditions et répandre l’esprit de Wenta dans les villages et les auberges. D’autres partent simplement à l’aventure pour rencontrer de nouveaux compagnons… ou parce qu’ils ont accepté une mission au cours d’une soirée trop bien arrosée.

Relations avec les autres clergés

Les Brassiers considèrent les autres clergés Velaeri comme leurs alliés naturels. Ils préparent les provisions de l’hiver aux côtés des Gélaires de Telchur, organisent les travaux agricoles avec les Verniens d’Atroa au printemps, coopèrent régulièrement avec les Æriens de Velnius, et entretiennent des rapports particulièrement chaleureux avec les Épicures de Sotillon, dont ils partagent le goût de la convivialité et d’une détente bien méritée.

En dehors des Velaeri, ils s’entendent bien avec les cultes liés à l’agriculture et à la prospérité des communautés rurales, ainsi qu’avec ceux qui œuvrent au bien-être des mortels dans le respect de la liberté individuelle. Ils croisent volontiers les prêtres d’Olidammara, de Trithéréon ou de Phaulkon lors de fêtes et de rassemblements, mais s’engagent rarement dans leurs entreprises les plus aventureuses.

Peu enclins aux querelles doctrinales, les Brassiers se montrent toutefois méfiants envers les cultes d’alignement loyal, dont ils supportent mal la rigidité morale et les interdits excessifs. Ils éprouvent en revanche une franche hostilité envers les cultes mauvais, et tout particulièrement envers celui d’Incabulos, dont les fléaux et les maladies ruinent les récoltes, corrompent les réserves et détruisent les liens de solidarité qu’ils s’efforcent de préserver.

Caractéristiques minimales :
Sagesse 12, Charisme 12 et Intelligence 12 (Bonus de 10 % sur leurs points d’expérience si leur sagesse et l'une des deux autres caractéristiques ont un score supérieur ou égal à 16.)
Races / Sexes autorisés :
Le clergé est ouvert à tous les humains et demi-humains – indifféremment hommes ou femmes – à l’exception des nains. Les Brassiers craignent en effet que ces derniers ne trahissent leurs secrets de fabrication au profit de leur peuple, dont la tradition brassicole – ancienne et très renommée – constitue déjà leur principale concurrente.
Alignements possibles :
Chaotique Bon.
Armes autorisées :
Gourdin (en premier), bâton, dague, fléau, marteau, masse, tout outil agricole pouvant servir d'arme.
Armures autorisées :
Toute armure non métallique. L'usage d'un bouclier est autorisé mais n'est pas très répandu.
Vêtements cléricaux :
Les Brassiers portent des habits simples et robustes, adaptés au travail. Un chapeau de paille ou un bonnet de feutre complète souvent leur tenue. Pour les offices, ils se contentent de passer une cape aux couleurs de l’automne par-dessus leur tablier de brasseur. Lors des grandes cérémonies, ils doivent se coiffer d’un chapeau de paille et revêtir une toge de couleur ambre, bordée de brun et ornée de motifs de houblon et de céréales.
Sphères Majeures :
Générale, Charme, Climat, Conjuration, Élémentaire (Air), Protection, Soins.
Sphères Mineures :
Nécromancie blanche, Soleil, Végétale.
Sorts spéciaux :
(3) Vent Ascensionnel, (4) Apaisement des vents, (4) Chevaucher le vent, (7) Libation bénie.
Pouvoirs sur morts-vivants :
Repousse comme un clerc ayant 4 niveaux de moins.
Compétences requises :
Brassage (avec un bonus de +2) et, au choix, Agriculture ou Herboristerie.
L’entraînement au combat à mains nues est une vieille tradition du culte de Wenta. Avant de pouvoir être ordonné prêtre, chaque novice doit dépenser une unité de compétence martiale pour se spécialiser au pugilat ou à la lutte. De la même manière qu’un combattant mono-classé, il ne peut démarrer sa carrière qu’avec une seule des deux techniques mais pourra, par la suite, consacrer des unités de compétences martiales supplémentaires pour se spécialiser dans l’autre technique ou pour se perfectionner.
Compétences en bonus :
Beuverie et Météorologie.
Pouvoirs spéciaux :
niveau 1
Bonus de +2 aux jets de sauvegarde contre l'acide, le poison et les maladies.
niveau 3
Une fois par jour : Ralentissement du poison ou Chute de Plume (sort de mage de niveau 1).
niveau 5
Une fois par jour : Irrésistible rire de Tasha (sort de mage de niveau 2).
niveau 7
Une fois par jour : Chevaucher le vent.
niveau 9
Une fois par jour : Festin des héros. Les breuvages servis à ce repas sont exclusivement des bières succulentes que l'on peut boire à volonté sans risque de s'enivrer.
niveau 12
Une fois par jour : Confusion.
niveau 14
Une fois par jour : Libation bénie.

Sortilèges spécifiques au culte de Wenta

Vent ascensionnelWindbearer

(Invocation/évocation)
Niveau :
3
Portée :
10 m/niveau
Durée :
1 tour + 1 round/niveau
Zone d'effet :
Spéciale
Sphère :
Élémentaire (air)
Composantes :
V, M (symbole religieux)
Temps d'incantation :
6
Jet de sauvegarde :
Spécial

Ce sort fait apparaître une colonne de vent large de 1,5 m et haute d'autant par niveau du prêtre. La hauteur peut être réduite, mais il faut le décider au moment de l'incantation. Le pilier peut résister à un poids de 20 kg par niveau. Si cela suffit pour contrer le poids d'un objet ou d'une créature, ce dernier (ou cette dernière) s'élève verticalement pour atteindre le sommet de la colonne en 1 round. Il est possible de résister à cet effet en réussissant un jet de sauvegarde contre les sorts. Le prêtre peut varier la hauteur de la colonne, de 1,5 m au maximum possible, en se concentrant pendant 1 round.

Apaisement des ventsCalm Winds

(Invocation/évocation)
Niveau :
4
Portée :
0
Durée :
1 tour + 1 round/niveau
Zone d'effet :
Globe de 6 m de rayon
Sphère :
Élémentaire (air)
Composantes :
V, M (symbole religieux)
Temps d'incantation :
7
Jet de sauvegarde :
Spécial

Ce sort crée une zone dans laquelle l'air reste exceptionnellement calme. Apaisement des vents annule les effets des tourbillons et des sorts tels que diable de poussière et rafale au sein de la zone protégée, bien qu'il ne soit pas mis fin à ces sorts. Les créatures natives du Plan Élémentaire de l'Air et celles qui sont à base de vent (telles que les vortex et les marcheurs de vent) font tout pour sortir au plus vite de cette zone. Cette dernière se déplace avec son créateur et perdure tant qu'il se concentre ou jusqu'à la limite de durée du sort. Le personnage peut se déplacer (à demi-vitesse) en maintenant sa concentration, mais ne peut faire aucun autre effort physique.

Chevaucher le ventRide the Wind

(Altération)
Niveau :
4
Portée :
Contact
Durée :
1 tour/niveau
Zone d'effet :
Une créature/niveau
Sphère :
Élémentaire (air)
Composantes :
V, S, M
Temps d'incantation :
2 + 1/créature affectée
Jet de sauvegarde :
Aucun

Ce sort permet aux créatures touchées par le prêtre lors de l'incantation de devenir virtuellement sans poids et d'être soulevées par le vent. Les créatures affectées peuvent contrôler leur altitude en montant ou descendant avec une vitesse de déplacement de 12 mais demeurent tributaires du vent pour la vitesse et la direction. Les bénéficiaires ne peuvent interrompre leur déplacement qu'en s'agrippant à quelque chose de fixe.

Ce sort ne peut affecter que des créatures consentantes, dotées d’une Intelligence suffisante (au moins 5) pour appréhender les effets du sort. Chaque sujet et son équipement doit peser moins de 50 kg par niveau du lanceur de sort. Ainsi, un prêtre du 6ème niveau peut affecter six créatures pesant chacune moins de 300 kg.

Les éléments matériels sont une poignée de paille sèche ou une feuille sèche de bouleau, de saule ou de peuplier, que le prêtre jette en l’air afin de lire la volonté du vent. En l'absence de vent naturel suffisant pour les emporter, le sort échoue et reste sans effet.

Libation bénieBlessed Libation

(Évocation)
Niveau :
7
Portée :
20 m
Durée :
Spéciale
Zone d'effet :
4 litres de boisson alcoolisée / niveau
Sphère :
Générale
Composantes :
V, S, M (symbole religieux)
Temps d'incantation :
1 tour
Jet de sauvegarde :
Aucun

Avec ce sort, le prêtre donne une bénédiction puissante à une grande quantité de boisson alcoolisée (en général de la bière mais ce n'est pas une obligation). Tout individu buvant, dans l'heure qui suit, une pinte (0,5 L) de ce breuvage bénit bénéficie d'effets assez semblables à ceux d'un festin des héros lié à une légère (mais sainte) ivresse.

Tout d'abord, il est débarrassé de toute maladie. Ensuite, pendant 12 heures, il est immunisé au poison (mais pas à l'alcool qui n'est pas un poison selon Wenta), à la terreur, au désespoir et à la panique. Il bénéficie de 5 points de vie supplémentaires et d'un bonus de +1 au moral, mais il endure une pénalité de 1 sur ses tests de caractéristique et de 5 % sur ses chances de lancer un sort ou d'utiliser avec succès un talent spécial.