Al'Akbar (Le Grand-Prêtre)
le Restaurateur de la Droiture
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Permets au croyant de cultiver la graine du Bien dans la terre
de la Loi afin qu’il trouve sa place dans le jardin d’Al'Akbar.![]()
Demi-Dieu de rang 5
- Alignement :
- Loyal Bon
- Plan d’existence :
- Mont Céleste / Mertion
- Résidence :
- Soqed Hezi (la Cité des Épées)
- Symbole :
- La Coupe et le Talisman d’Al'Akbar.
- Domaines :
- Autorité tutélaire, Fidélité, Dignité, Devoir.
- Panthéon :
- Bakluni
- Suivants (algt) :
- LB
- Suivants (type) :
- Paladins, gardiens, soldats.
Avatar :
Al'Akbar apparaît presque toujours sous les traits de l’homme qu’il était lorsqu’il commença à prêcher : un jeune baklunien séduisant, de haute stature, à la peau dorée et à la barbe soigneusement taillée. Il porte les vêtements traditionnels des Exaltés : une longue tunique blanche et or dissimulant une armure légère, un turban immaculé et un talisman étoilé suspendu à une chaîne d’or et d’électrum. Bien qu’il puisse combattre lorsque la nécessité l’exige, l’avatar d’Al'Akbar préfère guider les mortels par l’exemple, la sagesse et l’inspiration. Sa simple présence ranime l’espérance, raffermit la foi et redonne courage à ceux qui luttent contre le mal.
- Al'Akbar (Prêtre 22, Guerrier 18)
- RM 60 % ; CA -2 / -5 ; MV 12 ; PV 180 ; TAC0 -5 [-7 vs mauvais] (fauchon) ; #AT 5/2 ; DG 1d6+13 [+15 vs mauvais] (fauchon) ; TA M (1m90) ; Fo 19, De 17, Co 19, In 16, Sa 23, Ch 16 (19 envers les baklunis).
Dans sa main droite, il tient l’Épée de Korshid, un grand fauchon +3, +5 contre les créatures mauvaises, dont la lame semble refléter en permanence la lumière du soleil. Cette relique de l’âge d’or baklunien inflige des dégâts doubles aux créatures extraplanaires mauvaises, des dégâts triples aux morts-vivants, et détruit instantanément toute créature faite de ténèbres ou originaire du Plan de l’Ombre (résistance à la magie réduite de 30 % contre ce pouvoir). Une fois par jour, l’avatar peut brandir l’épée au-dessus de sa tête et invoquer la lumière de Korshid. La lame émet alors une vive clarté semblable à celle du soleil dans un rayon initial de 3 mètres. Cette lueur produit les mêmes effets qu’un rayon de soleil lancé au 20ème niveau et son rayon s’étend de 3 m par round pendant les 10 rounds suivants ; au bout de ce temps ou dès que l’avatar abaisse son arme, cette lumière décroît progressivement avant de disparaître complètement.
Il est protégé par Rûyin-Tan (Corps invulnérable
en commun), une cotte de
mailles elfique +5 qui couvre son torse et ses épaules. Ce chef-d’œuvre de l’artisanat elfique occidental, réputé
indestructible, procure une classe d’armure exceptionnelle de -2 et permet à son porteur de bénéficier d’un jet de sauvegarde
pour échapper aux effets spéciaux des armes magiques. Il protège totalement son porteur des armes non magiques et des feux normaux,
et réduit de moitié les dégâts infligés par les armes magiques (hors bonus de Force) ainsi que par les feux magiques ou de
forte intensité.
L’avatar d’Al'Akbar est immunisé aux illusions, fantasmes, charmes et autres sortilèges destinés à tromper, manipuler ou altérer sa perception de la réalité ou son jugement. Son aura est telle que, dans un rayon de 20 mètres autour de lui, ses alliés sont immunisés à la peur, résistent aux effets de désespoir ou de découragement, et bénéficient d’un bonus de +2 au moral qui ne peut être réduit d’aucune manière.
Il peut utiliser tous les sorts cléricaux à l’exception de ceux des sphères Nécromancie noire, Afflictions et Ténèbres. Ses sorts de Soins, de Nécromancie blanche et de Loi produisent toujours leurs effets maximaux avec une durée doublée, quels que soient les éventuels jets de sauvegarde ou pourcentages de réussite normalement applicables.
Sur Tærre, son avatar dispose également des pouvoirs suivants, accordés par les Dieux Lointains :
- Une fois par mois, il peut intercéder auprès des Dieux Lointains pour qu’ils accordent un souhait.
- Une fois par semaine, il peut lancer : Régénération, Restauration, Résurrection et Souhait limité.
- Une fois par jour, il peut lancer : Communion et Vision (avec les Dieux Lointains), Rappel à la vie, Guérison et Parole Sacrée.
- Deux fois par jour, il peut lancer : Délivrance de la malédiction, Neutralisation du poison, Soins des blessures critiques, Dissipation du Mal et Vision véritable.
- Trois fois par jour, il peut lancer : Guérison des maladies, Guérison de la cécité ou de la surdité, Délivrance de la Paralysie, Guérison de l’insanité et Soins des blessures graves.
Autres manifestations
- Une douce lumière dorée émane d’un talisman étoilé et dissipe instantanément toute peur ou tout désespoir parmi les fidèles présents.
- Une coupe sacrée émet une douce lumière jusqu’à ce qu’on la remplisse d’eau bénite. Celle-ci se transforme alors en une potion qui neutralise le poison et soigne les blessures critiques de celui qui la boit dans les douze heures.
- Une voix portée par le vent du désert prévient d’un danger imminent, sans préciser sa nature exacte.
- Un gardien épuisé retrouve soudain la force de poursuivre sa veille alors qu’il est sur le point de se faire surprendre.
Aspects mythiques
Al'Akbar, le Restaurateur de la Droiture, est le demi-dieu baklunien de la foi, de la dignité et du devoir. Bien qu’il soit aujourd’hui vénéré dans l’ensemble du monde baklunien comme l’une des plus grandes figures religieuses de l’histoire de Tærre, il demeure avant tout le Grand Prêtre des Dieux Lointains et l’intermédiaire privilégié entre les anciennes divinités bakluniennes et les mortels.
Les Dieux Lointains (Dieux des Paynims)
Selon la tradition baklunie, les Dieux Lointains sont les émanations du grand dieu de la Lumière. Très éloignés des affaires des mortels, ils interviennent rarement directement dans le monde et transmettent plus volontiers une partie de leur puissance à des héros ou à des serviteurs exceptionnels appelés à devenir des médiateurs entre les hommes et le divin.
Ils ont pour noms : Korshid, Danesh, Khaleq et Asman.
Korshid, dieu du soleil, et Danesh, dieu de la sagesse, sont assimilés par les théologiens à Pélor et Rao. Khaleq, dieu de l’orage, et Asman, dieu du ciel, sont des divinités encore plus lointaines qui ne font l’objet d’aucun culte. Le nom de Khaleq n’est plus invoqué que pour désigner la foudre divine qui frappe les infidèles et châtie les serviteurs du Mal. Quant à Asman, son nom n’est plus que le simple synonyme de ciel dans la langue baklunite.
Les empereurs de la Première Dynastie, eux-mêmes vénérés comme des dieux, étaient les médiateurs entre les Dieux Lointains et l’Humanité. Leur règne constitua le légendaire âge d’or de l’Empire baklunien, mais leur dynastie fut renversée et le culte des Dieux Lointains progressivement oublié.
Al'Akbar naquit en l’an 2166 du calendrier baklunien traditionnel (-493 AC) au sein d’une noble famille de l’Empire. Témoin de la décadence morale, politique et religieuse qui minait alors son peuple et celui de l’ennemi sulois, il abandonna les privilèges de sa naissance pour parcourir les terres des Paynims. Au contact des tribus nomades, seules à avoir conservé le souvenir des Dieux Lointains – raison pour laquelle on les désigne parfois comme les dieux des Paynims – il découvrit les textes sacrés de l’ancienne religion déchue et les récits des exploits des temps héroïques. Dès lors, il entreprit de restaurer cette foi ancestrale presque entièrement abandonnée au profit de croyances étrangères ou de pratiques impies.
Pendant plus de vingt ans, il prêcha sans grand succès pour la paix, le respect des dieux, le devoir envers la communauté et la fidélité aux traditions. En l’an 2208 (-451 AC), il accomplit le voyage jusqu’au Pinacles d’Azor’Alq où il fut reconnu par les Dieux Lointains comme leur nouveau médiateur auprès des mortels, le chargeant de ramener le peuple bakluni sur la voie de la vertu et de la dignité. Il revint quatre ans plus tard et prophétisa la fin de l’Empire, mais ses paroles lui valurent d’être persécuté et ses avertissements furent ignorés. Lorsque vint la Dévastation Invoquée et que la Pluie de Feu Incolore anéantit les deux grands empires de l’Ouest, Al'Akbar conduisit les derniers Bakluniens jusqu’à Tovag Baragu afin d’implorer le pardon des Dieux Lointains. Ses prières furent entendues et Korshid se manifesta sous la forme d’un messager céleste – appelé Al'Asran dans la tradition akbarite – pour lui remettre deux saintes reliques : la Coupe et le Talisman. Grâce à leurs pouvoirs, Al'Akbar guérit les malades, repoussa les créatures démoniaques qui ravageaient les terres dévastées et redonna courage à son peuple.
Guidés par Al'Akbar, les survivants entamèrent un long exode au cours duquel le prophète accomplit de nombreux miracles et gagnèrent finalement les côtes de l’océan Dramidj. Là fut fondée Ekbir, première grande nation née des ruines de l’ancien monde. Al'Akbar y rétablit les anciens cultes, institua une nouvelle organisation religieuse et consacra le reste de sa vie à préserver l’héritage spirituel de son peuple.
Al'Akbar finit par faire bâtir sa propre mosquée et permit à ses disciples de prononcer son nom dans leurs prières. Après sa mort, à l’âge de quatre-vingt-neuf ans, il fut élevé au rang de Demi-Dieu. Cependant, contrairement à de nombreuses figures héroïques ayant accédé à l’Apothéose, il ne chercha jamais à concurrencer les anciennes puissances qu’il avait servies toute sa vie. Les traditions akbarites enseignent qu’il aurait pu prétendre à un statut supérieur grâce à l’étendue de son culte et à l’importance de son œuvre, mais qu’il choisit délibérément de demeurer un demi-dieu afin de continuer à servir les Dieux Lointains plutôt que de rivaliser avec eux.
Cette posture constitue le fondement même de la théologie akbarite. Al'Akbar n’est pas seulement vénéré comme un prophète, un héros ou un sauveur ; il est considéré comme le médiateur suprême entre les mortels et les anciennes divinités bakluniennes, celui à qui les fidèles adressent leurs prières afin qu’il les présente aux Dieux Lointains et intercède en leur faveur.
Symbole
Le symbole d’Al'Akbar est une dyade formée de la Coupe et du Talisman, les deux reliques remises au Prophète par Al'Asran après la Dévastation Invoquée, afin de soulager les souffrances du peuple baklunien et de lui permettre d’accomplir sa mission salvatrice. Les théologiens les plus érudits enseignent qu’Al'Asran est la manifestation physique sous laquelle Korshid, le Dieu Lointain du Soleil, se révéla au Prophète. Cependant, la plupart des baklunis considèrent Al'Asran comme une divinité distincte, un médiateur céleste envoyé par les Dieux Lointains.
- La Coupe est façonnée en or martelé, rehaussé de filigranes d’argent ciselés. Elle est sertie de douze grandes gemmes montées dans des chatons d’électrum. Sa seule valeur de joaillerie dépasse 75 000 pièces d’or.
- Le Talisman est une étoile à huit branches en platine martelé, décorée d’incrustations d’or ciselées, dont chacune des huit pointes est coiffée d’une petite gemme. L’étoile est suspendue à une chaîne d’or et d’électrum ornée de huit groupes de trois perles d’argent. La seule valeur de joaillerie de l’ensemble excède 10 000 pièces d’or.
Après la fondation d’Ekbir, la Coupe et le Talisman furent conservés dans la grande mosquée d’Al'Akbar où ils demeurèrent exposés pendant plus de six siècles. Ils constituaient le trésor le plus sacré du Califat et étaient présentés publiquement lors de la Procession de la Bénédiction, l’une des plus importantes cérémonies religieuses du culte akbarite.
En l’an 2878 HB (219 AC), lors de la seizième Procession de la Bénédiction, le cortège fut attaqué par un groupe d’étranges elfes aussi grands que des humains. Après s’être emparés de la Coupe et du Talisman, ils s’enfuirent à dos d’aigles géants à travers les plaines des Paynims en direction de la Barrière des Hautes-Cimes.
Le vol provoqua une onde de choc dans l’ensemble du monde baklunien. Le Grand Mufti d’Ekbir, responsable de la garde des reliques, fut tenu pour responsable de leur disparition et banni du Califat. Réfugié dans les montagnes de Yatil, il contesta la légitimité religieuse du Calife et fonda quelques années plus tard la Foi Véritable d’Al'Akbar. Il affirma que la perte de la Coupe et du Talisman privait désormais les autorités d’Ekbir de l’héritage spirituel du prophète. Cet événement marqua le début du Grand Schisme akbarite, dont les conséquences religieuses et politiques se font encore sentir aujourd’hui.
La Coupe et le Talisman n’ont jamais été retrouvés, et leur recherche constitue aujourd’hui encore une quête sacrée pour de nombreux fidèles d’Al'Akbar. Leur localisation demeure un mystère ; les dernières rumeurs les situant quelque part dans le sud-est des Royaumes Brigands, mais rien n’est moins sûr.
La représentation conjointe des deux reliques sacrées est fréquemment utilisée dans l’iconographie religieuse, cette dyade symbolisant l’importance du rôle confié à Al'Akbar par les Dieux Lointains dans leur alliance restaurée avec le peuple baklunien.
Si la Coupe et le Talisman réunis constituent le symbole officiel du culte, les fidèles utilisent aujourd’hui diverses versions simplifiées inspirées des reliques originelles, dont certaines sont devenues emblématiques de courants particuliers de la foi akbarite.
- Le Talisman étoilé : une étoile à huit branches, de préférence en platine, parfois rehaussé d’incrustations d’or et de gemmes, souvent portée en pendentif par les fidèles et les prêtres, parfois gravée sur une arme, une armure ou un bouclier.
- La Coupe sacrée : un calice reproduisant assez fidèlement la Coupe originelle, utilisé lors des cérémonies religieuses, notamment pour confectionner de l’eau bénite.
- Le Talisman à la Coupe : une étoile octogonale (Rub el Hizb) portant en son centre la représentation stylisée de la Coupe d’Al'Akbar. Symbolisant l’unité indissociable de la Coupe et du Talisman, cette forme particulière est devenue, après le Grand Schisme, un signe quasiment distinctif des fidèles de la Foi Véritable.
- Certains fidèles, particulièrement dévots, se font tatouer sur le corps le Talisman, la Coupe ou la représentation combinée des deux reliques.
Le culte d’ Al'Akbar
Depuis le Grand Schisme de l’an 2878 HB (219 AC), le culte d’Al'Akbar est divisé en deux grandes branches : la Foi Exaltée et la Foi Véritable. D’autres courants, beaucoup plus confidentiels, subsistent également parmi certaines tribus nomades paynims.
La Foi Exaltée, héritière légitime de l’Église historique d’Al'Akbar, dont le siège se trouve dans la ville sainte d’Ekbir, reconnaît la suprématie spirituelle du Saint Calife d’Ekbir. Les partisans de la Foi Véritable la jugent toutefois faible et décadente, estimant qu’elle s’est éloignée des enseignements originels du Prophète.
La Foi Véritable, branche dissidente établie dans les montagnes des Yatils et particulièrement
influente en Ket, reconnaît quant à elle l’autorité du Grand Mufti des Yatils. Les fidèles de cette branche
se désignent eux-mêmes comme les Vrais Croyants
, mais sont souvent appelés Yatilites — avec un certain mépris — par les
partisans de la Foi Exaltée.
Dogme
Sois un réceptacle de bonté et un symbole de dévotion, car l’homme vertueux est à la fois inébranlable et miséricordieux. Ne sois pas comme l’infidèle ignorant, mais écoute tes supérieurs, fie-toi à leur sagesse et conforme-toi à leurs directives. Que les fidèles s’efforcent toujours de cultiver la graine du Bien dans le terreau de la Loi, afin d’être accueillis dans le Jardin d’Al'Akbar.
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Al'Akbar enseigne que la véritable religion repose sur trois devoirs fondamentaux : la juste dévotion envers les dieux, la protection de la communauté et la guidance des fidèles. À l’image de la Coupe et du Talisman, symboles de son ministère, ses disciples doivent être à la fois des réceptacles de bonté et des emblèmes de dévotion.
La foi ne saurait se limiter à la prière ou aux cérémonies religieuses. Les fidèles sont appelés à traduire les enseignements d’Al'Akbar dans leurs actes quotidiens. L’aumône, l’hospitalité envers les voyageurs, l’assistance aux malades et le secours apporté aux plus démunis sont considérés comme des devoirs essentiels. Pour les akbarites, les œuvres de charité constituent le témoignage le plus visible de leur foi et l’expression la plus authentique de leur dévotion envers le Prophète.
Les fidèles sont appelés à cultiver les vertus de fidélité, de dignité et de devoir. Ils doivent s’inspirer de la relation qu’entretient Al'Akbar avec les dieux vénérables du panthéon bakluni pour modeler leurs propres relations avec leurs supérieurs : faire preuve d’obéissance envers les autorités légitimes et respecter la sagesse des aînés. Ils doivent également rechercher l’harmonie entre la compassion et la fermeté ; la miséricorde ne doit jamais conduire à la faiblesse, pas plus que la discipline ne doit étouffer la bonté.
Al'Akbar exhorte également ses fidèles à demeurer vigilants face à toute intrusion du Mal, qu’il provienne d’ennemis extérieurs ou des faiblesses du cœur. La persévérance dans la cause du Bien est considérée comme l’une des plus hautes vertus, et le service de la communauté comme l’une des formes les plus nobles de dévotion.
Les prêtres d’Al'Akbar condamnent l’esclavage et considèrent qu’aucun homme vertueux ne doit être traité comme un simple bien matériel. La parfaire maîtrise de la langue baklunie ancienne est tenue en grande estime au sein du culte, où elle demeure la langue traditionnelle de l’érudition, de la poésie et de la liturgie.
Si les deux branches partagent les mêmes textes sacrés et reconnaissent toutes deux Al'Akbar comme Prophète, elles diffèrent sensiblement dans leur manière de mettre son enseignement en pratique. La Foi Exaltée privilégie le savoir, la rhétorique et la diplomatie afin de promouvoir la justice et le bien commun. La Foi Véritable insiste davantage sur la fidélité aux préceptes du Prophète, le travail et la parole franche, afin de préserver la pureté de la foi des compromis dictés par le réalisme politique.
Les adorateurs
Les enseignements d’Al'Akbar occupent une place centrale dans la civilisation baklunienne. Son culte est solidement implanté en Ekbir, Zeif, Ket, Tusmit et parmi de nombreuses tribus paynims. Les féroces Ulis vénèrent des divinités peu recommandables et sont les seuls Baklunis à refuser toute vénération pour Al'Akbar. Les fidèles du Prophète comptent généralement parmi les Bakluniens les plus vertueux. Ils sont réputés pour leur intégrité, leur dignité et leur attachement aux anciennes traditions bakluniennes.
- Califat d’Ekbir
- Ekbir constitue le cœur historique et spirituel du culte d’Al'Akbar. La Foi Exaltée y est presque universellement reconnue comme la seule héritière légitime du Prophète et le Saint Calife y exerce une autorité religieuse incontestée. Le culte imprègne profondément toute la société : il inspire les institutions, l’éducation, la justice, la diplomatie et jusqu’au fonctionnement de l’État lui-même. Malgré cette forte influence religieuse, les Ekbiriens demeurent généralement ouverts aux autres cultes, à condition qu’ils ne remettent pas en cause les fondements de leur foi.
- La Foi Véritable est en revanche presque absente du pays. Les Yatilites sont accusés d’avoir rompu l’unité spirituelle du peuple bakluni et leur présence suscite une profonde méfiance. Sans être systématiquement persécutés, ils font souvent l’objet de discriminations et suscitent parfois une franche hostilité.
- Sultanat de Zeif
- En Zeif, la Foi Exaltée est également la religion officiellement reconnue par l’État. Son implantation est ancienne et antérieure au Grand Schisme, ce qui explique que la Foi Véritable n’y ait jamais trouvé un terrain favorable. Le clergé d’Al'Akbar joue un rôle essentiel dans la vie publique et cherche autant à soutenir les institutions du sultanat qu’à protéger les intérêts du peuple. Cette proximité avec le pouvoir s’accompagne toutefois d’une tradition de modération et de tolérance héritée de la diplomatie baklunienne.
- Ket
- Ket constitue le principal bastion de la Foi Véritable, qui y est devenue religion d’État. Les enseignements du Grand Mufti influencent presque tous les aspects de la vie quotidienne, de l’administration à l’organisation militaire. La société kétite met l’accent sur le travail, la discipline et la fidélité aux préceptes du Prophète. Les autres cultes sont tolérés tant qu’ils demeurent discrets et respectent l’autorité de la Foi Véritable, mais les sanctuaires consacrés à des divinités étrangères sont rarement les bienvenus. Même les nains du pays, tout en demeurant fidèles à leurs propres dieux, reconnaissent l’autorité morale qu’exerce la Foi Véritable en Ket.
- Tusmit
- La Foi Véritable domine également le Tusmit, mais la situation y est plus nuancée qu’en Ket. Dans les cheikats du nord, son influence est particulièrement forte et atteint parfois un degré de ferveur proche du fanatisme. Les cultes étrangers y sont mal acceptés et les manifestations publiques de religions non bakluniennes provoquent souvent l’hostilité de la population comme des autorités.
- Les provinces méridionales, ouvertes sur les grandes routes commerciales de la vallée de la Tuflik, font preuve d’une plus grande tolérance envers les voyageurs et les marchands étrangers. Les derniers fidèles de la Foi Exaltée y subsistent encore, même si leur situation demeure précaire depuis que les autorités ont cessé de reconnaître la suprématie spirituelle du Saint Calife d’Ekbir. Les tensions entre les partisans des deux branches y restent vives et alimentent régulièrement les rivalités politiques du sultanat.
- Les Paynims
- Parmi les tribus nomades des Paynims, le culte d’Al'Akbar demeure très vivant mais conserve un caractère plus traditionnel. Les anciennes croyances relatives aux Dieux Lointains y sont restées plus présentes que dans les royaumes sédentaires, et plusieurs courants religieux propres aux nomades subsistent encore.
- Depuis quelques années, un chef charismatique que de nombreux derviches tiennent pour le Mahdi, c’est-à-dire le descendant d’Al'Akbar et sauveur des derniers temps, rallie progressivement un nombre croissant de tribus. Les autorités d’Ekbir observent cette évolution avec une attention mêlée d’inquiétude, sans savoir encore si cet homme représente une menace politique ou l’accomplissement d’une ancienne prophétie.
Lieux de culte
- Les grands centres religieux
- Toutes les grandes cités d’Ekbir, de Zeif, de Ket et de Tusmit sont dotées d’imposants lieux de culte consacrés à Al'Akbar. Ces grands temples sont fidèles aux traditions architecturales de la Première Dynastie. Ils sont organisés autour d’une vaste salle hypostyle, au centre de laquelle un espace circulaire ou octogonal, surmonté d’une coupole recouverte de briques vernissées ou de faïences polychromes, évoque le site sacré de Tovag Baragu et symbolise le centre du monde. Des minarets élancés dominent de larges cours intérieures où les fidèles accomplissent leurs ablutions rituelles avant la prière.
- Le pinacle est l’élément indispensable de tout temple akbarite. Généralement élevé au-dessus du reste de l’édifice, il symbolise les légendaires Pinacles d’Azor'Alq et marque l’aboutissement du parcours liturgique conduisant les fidèles vers le salut. Selon les temples, il peut prendre la forme d’un minaret monumental, d’une tour, d’une terrasse ou de toute autre élévation architecturale adaptée à cette fonction symbolique.
- Ces grands temples ne servent pas uniquement au culte. Ils abritent des bibliothèques, des hospices pour les voyageurs et les pèlerins, ainsi que les logements des prêtres. Ils remplissent également des fonctions judiciaires et administratives, et accueillent régulièrement des synodes réunissant des dignitaires du clergé afin de débattre de questions religieuses. Enfin, ils comprennent des écoles où les enfants apprennent à lire, à écrire et à connaître les enseignements du Prophète, sans négliger l’histoire, la géographie et les sciences. Dans les temples de la Foi Véritable, l’enseignement est davantage centré sur l’étude des textes sacrés et la transmission fidèle des préceptes d’Al'Akbar.
- Zeir Imaret (Zeir-i-Zeif, Sultanat de Zeif)
- Le Zeir Imaret est le plus important lieu de culte consacré à Al'Akbar dans le sultanat de Zeif. Fidèle au sens premier du mot imaret, ce vaste temple situé au cœur de la capitale accueille les plus démunis en leur offrant le gîte et le couvert. Il distribue gratuitement des vivres aux nécessiteux et offre l’hospitalité aux voyageurs ainsi qu’aux pèlerins de passage. Les vastes bâtiments qui l’entourent comprennent des dortoirs, des cuisines, des salles communes et des dépendances destinées à assurer le repos et le ravitaillement de ses visiteurs.
- Le Zeir Imaret est également le siège de la Qudah, la plus haute assemblée religieuse de la Foi Exaltée en Zeif. Ses membres s’y réunissent régulièrement afin d’administrer les affaires du culte et de débattre de questions importantes relatives à leur foi. À la demande du sultan, ils peuvent également être convoqués pour rendre un avis religieux sur des affaires touchant aux intérêts du royaume. Les informations relatives à la quête permanente de la Coupe et du Talisman y sont régulièrement examinées, de même que les nouvelles susceptibles d’intéresser le clergé, telles que les rumeurs faisant d’un chef des tribus paynims le Mahdi annoncé par les prophéties.
- Le Zeir Imaret est placé sous l’autorité du Pir Qadi, chef de la Qudah et plus haute autorité de la Foi Exaltée dans le sultanat de Zeif. Chargé de maintenir l’équilibre entre les enseignements d’Al'Akbar et les intérêts du sultanat, il joue un rôle essentiel dans les relations entre le pouvoir temporel et les autorités religieuses.
- Les temples urbains et les ribats
- Les villes de moindre importance possèdent généralement des temples plus modestes, construits selon les mêmes principes architecturaux mais à une échelle réduite.
- On rencontre également des ribats, temples fortifiés appartenant aux différentes confréries religieuses. Édifiés le long des principales routes, aux frontières ou dans des positions stratégiques, ils servent à la fois de lieux de culte, de refuge, de centre d’entraînement et de résidence temporaire pour les frères des confréries. Certains sont essentiellement contemplatifs, tandis que d’autres possèdent une vocation militaire très affirmée.
- Le Temple du Secret (Kofeh, Califat d’Ekbir)
- Surplombant du haut d’une falaise la ville portuaire de Kofeh, ce temple fortifié d’Al'Akbar est sans aucun doute le plus mystérieux de tous les sanctuaires consacrés au Prophète. Entièrement entouré de hauts murs et jalousement gardé, il n’est accessible qu’aux personnes bénéficiant d’une recommandation expresse du haut-clergé.
Derrière son enceinte se trouvent de magnifiques jardins soigneusement entretenus, des habitations sacerdotales, un sanctuaire,
ainsi qu’un édifice qui renfermerait l’un des plus grands trésors religieux du monde baklunien. Nul en dehors de ses gardiens
n’en connaît les véritables richesses, mais des rumeurs persistantes prétendent que parmi les objets les plus précieux se
trouverait une relique inestimable datant de la Première dynastie.- On raconte également que le bâtiment lui-même, les statues qui l’ornent et jusqu’aux objets qu’il contient, pourraient s’animer grâce à de puissants enchantements pour attaquer les intrus. Ajoutées à la vigilance de prêtres et de gardes d’élite soigneusement sélectionnés, ces défenses feraient du Temple du Secret l’un des lieux les mieux protégés du califat d’Ekbir.
- Les temples de village et d’oasis
- Les villages possèdent souvent un édifice beaucoup plus simple qui prend l’apparence d’une grande demeure baklunienne organisée autour d’une cour intérieure ombragée. Sous un même toit se trouvent réunis le lieu de prière, l’école religieuse et la résidence du Qadi ou du Mullah. Ces modestes temples constituent le cœur de la vie religieuse locale et jouent également un rôle essentiel dans l’instruction des enfants, le règlement des affaires de la communauté et l’accueil des voyageurs de passage.
- Dans les principales oasis situées sur les routes caravanières, il n’est pas rare qu’un temple d’Al'Akbar voisine avec un sanctuaire consacré à Gesthaï, la Fille de l’Oasis, protectrice des eaux, des puits et des voyageurs. Ces temples, souvent très anciens et de taille modeste, accueillent voyageurs, pèlerins et nomades. Certaines de ces oasis sont tenues pour sacrées parce que le Prophète y aurait séjourné ou accompli l’un de ses nombreux miracles. Elles sont ainsi devenues des étapes incontournables des chemins de pèlerinage menant au Mausolée d’Al'Akbar, dans la ville sainte d’Ekbir.
- Les lieux de culte des Paynims
- Les tribus nomades des Paynims possèdent peu de temples permanents en dehors des grandes oasis. Leur vie religieuse s’organise principalement autour de vastes tentes dressées lors des rassemblements tribaux, où sont célébrées les cérémonies religieuses et transmis les enseignements des anciens. Les sanctuaires des oasis constituent pour eux des haltes spirituelles importantes au cours de leurs migrations.
- Comme tous les Bakluniens, les Paynims considèrent toutefois le Mausolée d’Al'Akbar à Ekbir comme le plus saint de tous les lieux de pèlerinage. Nombre d’entre eux entreprennent au moins une fois au cours de leur existence le voyage jusqu’à la cité sainte afin de se recueillir sur le tombeau du Prophète.
La Voie Sacrée (Ville sainte d’Ekbir)
La prestigieuse Voie Sacrée constitue le plus vaste ensemble religieux consacré à Al'Akbar. Destination du plus important pèlerinage du monde baklunien, elle est organisée comme un véritable cheminement initiatique conduisant progressivement le pèlerin jusqu’au Mausolée du Prophète. Les différents édifices qui la composent ne sont pas seulement des lieux de culte : chacun marque une étape spirituelle préparant le fidèle à approcher le tombeau sacré d’Al'Akbar.
L’ensemble est placé sous la protection des Templiers d’Ekbir. Seuls ces derniers, les dignitaires du culte et la Garde sacrée du Saint Calife sont autorisés à y pénétrer en armes.
- L’Enceinte Sacrée
- Constituant l’entrée de la Voie Sacrée, l’Enceinte Sacrée est une vaste cour autour de laquelle s’ordonnent plusieurs temples, des bâtiments destinés au clergé ainsi que les logements du personnel chargé de l’entretien et de la protection des lieux. Les étudiants en théologie de l’Université d’Ekbir disposent d’accès directs vers l’enceinte, tandis que plusieurs corps de garde permettent à la Garde Sacrée du Saint Calife d’intervenir rapidement en cas de nécessité.
- Pour tous les autres, l’entrée dans l’Enceinte Sacrée s’effectue obligatoirement par le Temple de Gesthaï. On y accède par une porte monumentale, encadrée de deux hauts pinacles, le tout recouvert de faïences polychromes. Les fidèles et les pèlerins doivent d’abord s’y purifier avant d’accéder à l’intérieur de l’enceinte. Hommes et femmes disposent d’espaces séparés. Après avoir déposé leurs vêtements dans un vestiaire à l’entrée, ils accomplissent les ablutions rituelles et s’immergent entièrement dans des bassins pour se débarrasser de leurs souillures grâce à l’eau purificatrice de Gesthaï. Nul rang, nulle richesse ne doit différencier les fidèles dans la Voie Sacrée. Aussi, tous se voient remettre une longue robe blanche serrée à la taille par un cordon, des sandales et de simples braies de couleur claire pour se rendre dans la cour centrale dans la plus stricte égalité.
- Dominée par le Grand Temple, la vaste cour est un lieu d’une remarquable quiétude. Malgré l’affluence permanente des pèlerins venus de toute la Flannesse occidentale, chacun s’efforce d’y parler avec retenue et de laisser de côté querelles et ressentiments avant de poursuivre son chemin vers le Mausolée. Seules quelques rares échauffourées entre fidèles de la Foi Exaltée et de la Foi Véritable viennent occasionnellement troubler cette atmosphère de recueillement, mais elles sont rapidement maîtrisées par la Garde sacrée, qui veille avec une extrême fermeté au maintien de la paix dans l’Enceinte Sacrée.
- Autour de cette cour s’élèvent deux autres temples de moindre importance mais très populaires. Le premier est l’Hospice du Soleil, siège de l’ordre charitable des Fils du Soleil – des moines d’Al’Asran qui vivent dans la pauvreté et qui consacrent leur existence à venir en aide aux indigents et à soigner les malades. L’hospice dispense gratuitement nourriture, gîte et soins à tous ceux qui en ont besoin, sans distinction d’origine ni de condition. Le second temple est consacré à Istus et nombre de pèlerins y font halte pour consulter ses devins ou prier afin que la déesse leur accorde une destinée favorable.
- Enfin, à l’angle nord-est de l’Enceinte Sacrée s’élève le Pinacle d’Oudmey, un impressionnant minaret haut de soixante-douze mètres. Son plan en étoile, ses quatre étages en encorbellement et ses élégantes faïences polychromes en font l’un des chefs-d’œuvre de l’architecture baklunienne. Visible à plusieurs lieues à la ronde, il guide depuis des siècles les caravanes de pèlerins qui convergent vers la ville sainte d’Ekbir.
- Le Grand Temple
- Le Grand Temple constitue le principal lieu de culte de la Voie Sacrée. C’est là que sont célébrées les grandes cérémonies religieuses et que se rassemblent les foules de pèlerins lors des principales fêtes du calendrier akbarite.
- Sa construction, relativement récente, s’est étalée sur plus de deux siècles et n’est d’ailleurs toujours pas entièrement achevée. Il fut édifié afin de remplacer l’ancien Temple Central, devenu trop exigu pour accueillir l’afflux sans cesse croissant des fidèles venus de tout le monde baklunien.
- L’édifice se compose d’un vaste corps central surmonté d’un immense dôme outrepassé à double coque, encadré de deux grandes salles hypostyles. Plus vaste encore que celui du Mausolée d’Al'Akbar, ce dôme reposant sur une base carrée illustre toute la maîtrise des architectes ekbiriens. Les voûtes, les murs et les colonnes sont presque entièrement revêtus de splendides faïences polychromes, tandis que l’extérieur du dôme est recouvert de briques vernissées aux couleurs éclatantes.
- L’entrée principale est marquée par une porte monumentale flanquée de deux hauts pinacles richement décorés. À l’intérieur, les vastes salles hypostyles accueillent les fidèles venus assister aux offices, tandis que des passages aménagés au fond du sanctuaire permettent d’accéder directement au Temple du Parcours, où débute la dernière étape du pèlerinage vers le Mausolée.
- Le Temple du Parcours
- Édifié par Al'Akbar et ses premiers Successeurs, le Temple du Parcours ne cède en sainteté qu’au Mausolée lui-même. Il constituait autrefois le prolongement direct de l’ancien Temple Central, aujourd’hui détruit. Lorsque le Grand Temple fut construit plusieurs siècles plus tard, il demeura en retrait, ce qui explique l’apparente simplicité de son entrée, presque austère en comparaison de la magnificence des édifices qui l’entourent.
Le temple se compose d’une immense salle hypostyle d’une centaine de mètres de long sur cinquante mètres de large, soutenue par une
véritable forêt de colonnes de quinze mètres de hauteur dont chacune est entièrement couverte d’inscriptions qui auraient été gravées
par Al'Akbar lui-même. La tradition affirme que ces textes renferment une partie des révélations qu’il reçut lors de son second
voyage aux Pinacles d’Azor'Alq. Leur sens littéral paraît souvent obscur et parfois même dénué d’intérêt, mais les prêtres les plus
érudits affirment qu’ils dissimulent plusieurs niveaux de lecture. Une étude approfondie du symbolisme des caractères, de leur
disposition d’une colonne à l’autre ainsi que de leur éclairage par les rayons du soleil à certaines heures du jour permettrait
d’en révéler un sens caché. Les plus grands prêtres d’Ekbir et les mages du Zashassar consacrent encore une part importante de
leurs travaux à l’étude de ces mystérieuses inscriptions. Certains prétendent qu’il existerait un troisième niveau d’interprétation,
dont le secret ne serait connu que du Saint Calife lui-même.- Au fond de cette salle s’ouvre le Labyrinthe, vaste dédale de hauts murs que les pèlerins doivent parcourir sous la conduite de prêtres d’Al'Akbar. Il constitue l’ultime étape initiatique précédant l’accès au Mausolée. La tradition enseigne que nul ne peut parvenir jusqu’au tombeau du Prophète sans avoir auparavant appris à se défaire de son orgueil et de ses certitudes. Dans les faits, le Labyrinthe est protégé par une puissante magie de confusion qui affecte toute personne indésirable, la ramenant invariablement à son point de départ, quels que soient les repères ou les précautions qu’elle aurait pris. Au terme du parcours, une porte monumentale encadrée de deux hauts pinacles s’ouvre enfin sur un large escalier de pierre conduisant directement au Mausolée d’Al'Akbar.
- Le Mausolée d’Al'Akbar
- Édifié peu après la mort du Prophète, le Mausolée d’Al'Akbar est le plus saint de tous les lieux sacrés de son culte. Depuis des siècles, les fidèles affluent de toutes les terres bakluniennes pour se recueillir sur le tombeau du Prophète. Seuls ceux qui ont accompli les rites de purification de l’Enceinte Sacrée, se sont recueillis dans le Grand Temple, puis ont franchi le Labyrinthe du Temple du Parcours, sont autorisés à pénétrer dans cet ultime sanctuaire.
- Véritable chef-d’œuvre de l’architecture impériale baklunienne, il adopte un plan octogonal surmonté d’une gigantesque coupole bleue culminant à cinquante-deux mètres de hauteur pour un diamètre intérieur de près de vingt-cinq mètres. Quatre des faces comportent une porte monumentale. Au-dessus, une galerie fait le tour du monument et s’ouvre vers l’extérieur par une succession de triples arcades. Une élégante corniche la surmonte et supporte huit minarets d’angle. La coupole est entièrement revêtue de briques émaillées d’un bleu profond, tandis que les minarets et les corniches sont ornés de somptueuses faïences polychromes dominées par le bleu et le blanc, relevées de quelques motifs noirs.
- L’intérieur du Mausolée est tout aussi somptueux. Colonnes, murs et voûtes sont richement revêtus de faïences finement ouvragées, tandis que les voûtes de la galerie supérieure sont ornées de délicates moulures peintes. Au centre du monument, sous l’immense coupole, repose le magnifique sarcophage d’Al'Akbar, placé au fond d’une fosse qu’entoure un déambulatoire où les pèlerins viennent se recueillir dans un profond silence.
Rituels particuliers
Les fidèles adressent quotidiennement leurs prières au lever et au coucher du soleil. Les prêtres observent en outre une troisième prière lorsque le soleil atteint son zénith. Ce moment de recueillement est consacré à la méditation des enseignements du Prophète et à l’examen de leur propre conduite.
Chaque yazdis (Jour des Dieux), deux cérémonies sont célébrées dans les temples : le Petit Office à l'aube et le Grand Office au crépuscule.
- Le Petit Office est relativement bref. Il débute par un sermon rappelant les enseignements du Prophète. Les fidèles communient ensuite ensemble pour rendre grâce à Al'Akbar, puis lui confient leurs prières de manière plus intime. La cérémonie s’achève par une bénédiction avant que chacun ne retourne à ses occupations.
- Le Grand Office constitue la principale célébration du jour. Il débute par
les Louanges
: les fidèles rendent grâce au Prophète Al'Akbar pour avoir sauvé le peuple baklunien et montré le chemin du salut. Le prêtre officiant entame ensuitela Médiation
: il invoque Al'Akbar afin qu’il présente les prières des fidèles aux Dieux Lointains et intercède en leur faveur. Au cours de cette partie de l’office, le calice, rappelant la Coupe Sacrée remise à Al'Akbar, symbolise la grâce accordée par les Dieux Lointains et occupe une place centrale dans la liturgie. La cérémonie s’achève enfin parl’Ascension Spirituelle
: les fidèles suivent le prêtre dans un parcours rituel jusqu’au pinacle du temple.
Le baklunite ancien reste la langue liturgique du culte. Les principales prières, les bénédictions et les textes sacrés sont récités dans cette langue ; seuls les sermons peuvent être prononcés dans la langue ou le dialecte régional le mieux compris par les fidèles.
La Foi Véritable se dépouille du faste des cérémonies et met davantage l’accent sur les sermons inspirés d’épisodes de la vie du Prophète, ainsi que la récitation des textes sacrés.
Dans les tribus des Paynims, la liturgie s'adapte aux contraintes de la vie nomade. Le cercle sacré représentant Tovag Baragu est souvent simplement tracé sur le sol, tandis qu'une dune, une colline ou autre éminence naturelle tient lieu de pinacle.
Fêtes religieuses importantes
Les deux branches du culte observent le même calendrier liturgique, qui s’articule autour de quatre grandes fêtes et de la Semaine Sainte, et reconnaissent dans la Gloire d’Al'Akbar le jour le plus sacré de l'année. Elles diffèrent toutefois dans leur manière d’appréhender la Semaine Sainte : la Foi Exaltée met l’accent sur l’héritage laissé par le Prophète à son peuple, tandis que la Foi Véritable privilégie l’alliance vivante qui unit désormais Al'Akbar à ses fidèles.
En dehors de la Baklunie occidentale, seule la Gloire d’Al'Akbar est célébrée avec ferveur. Une grande cérémonie retrace alors les principaux épisodes de la vie du Prophète et rappelle son œuvre.
- La Naissance (Jour de l’Eau, le 26 des Plantations)
- En ce quatrième mayis de la Grenouille du calendrier baklunien, on fête la venue au monde d’Al'Akbar. Les enfants et les femmes enceintes tiennent une place centrale au cours de cette journée. Les prêtres les bénissent et rappellent que toute naissance porte en germe le renouveau du peuple baklunien. Les familles se réunissent après le Grand Office autour d'un repas de fête, auquel il est de tradition d'inviter les voyageurs, les voisins isolés ou les plus démunis.
- La Révélation (Jour du Soleil, le 23 de la Quête du Feu)
- En ce quatrième shamsis du Tigre du calendrier baklunien, on honore le retour d’Al'Akbar de son premier voyage aux Pinacles d’Azor'Alq, au cours duquel les Dieux Lointains se révélèrent pleinement à lui et le consacrèrent Grand-Prêtre. Il avertit alors son peuple et ses dirigeants des malheurs qui frapperont l'Empire s’ils ne reviennent pas dans la voie des antiques dieux des Paynims.
- Il devient ainsi le Prophète.
- Cette journée est consacrée à la parole révélée et à la transmission des enseignements du Prophète. Les prêtres prononcent de longs sermons rappelant la mission d’Al'Akbar, tandis que les fidèles sont invités à méditer ses enseignements, à approfondir leur connaissance des textes sacrés et à demeurer attentifs aux signes par lesquels les Dieux Lointains manifestent leur volonté.
- Les temples organisent des lectures publiques, des débats religieux et des enseignements destinés aussi bien aux enfants qu'aux adultes. Les Mains du Destin d'Istus sont fréquemment consultées afin de recueillir leurs oracles et leur interprétation des présages. Cette journée est traditionnellement choisie pour l'ordination des nouveaux prêtres et la consécration des fidèles désirant servir le culte.
- Le Pardon (Jour du Soleil, le 9 des Cueillettes)
- En ce deuxième shamsis de l’Écureuil du calendrier baklunien, on célèbre le don de la Coupe et du Talisman par les Dieux Lointains. En les remettant à Al'Akbar, ceux-ci répondirent à ses supplications et accordèrent leur pardon au peuple baklunien.
- Dans la plupart des villes et des villages bakluniens, cette fête donne lieu à la Procession de la Bénédiction, au cours de laquelle des reproductions de la Coupe et du Talisman sont solennellement portées à travers les rues. Autrefois, celle d'Ekbir présentait les reliques authentiques, ce qui en faisait la plus prestigieuse de toutes. La disparition de celles-ci lui a toutefois retiré une grande part de son éclat, et elle n'attire plus autant de fidèles venus des contrées les plus éloignées du monde baklunien.
- La Restauration (Jour de l’Étoile, le 1 de l’Astre Déclinant)
- En ce premier najmis du Loup du calendrier baklunien, on honore le retour d’Al'Akbar de son second voyage aux Pinacles d’Azor'Alq, au cours duquel les Dieux Lointains le sacrèrent nouveau médiateur entre l’humanité et eux-mêmes, faisant de lui le successeur des premiers empereurs. Il entame alors son règne sur Ekbir et établit durablement la religion restaurée en organisant le culte, édifiant le Grand Temple et soumettant la guilde de magie naissante du Zashassar à une étroite surveillance.
- Il devient ainsi le Restaurateur de la Droiture.
- Cette journée, empreinte de solennité, est résolument tournée vers le respect des institutions religieuses et des autorités civiles. De leur côté, les membres du clergé renouvellent leurs vœux de servir la Droiture et de guider les fidèles, tandis que les dignitaires renouvellent publiquement leur serment de servir la communauté avec justice et loyauté.
La Semaine Sainte (du 25 de la Préparation au 3 de Long Froid)
- La Semaine Sainte est l’axe central de l’année liturgique akbarite. Elle s’ouvre avec l’Akbaris
(
le jour d’Al'Akbar
) et se clôt avec la Gloire d’Al'Akbar suivie du Renouveau. Seul le dernier jour revêt un caractère véritablement festif ; cette période est avant tout un temps de prière, de méditation, de renouveau spirituel et de charité. Le mausolée d’Al'Akbar accueille alors une foule considérable de pèlerins venus de toute la baklunie occidentale honorer la mémoire du Restaurateur de la Droiture. -
- L’Akbaris (Jour des Dieux, le 25 de de la Préparation)
- En ce quatrième yazdis de l’Ours du calendrier baklunien, on commémore la mort d’Al'Akbar, qui marque l’achèvement de son œuvre terrestre. Les fidèles observent le jeûne et consacrent cette journée empreinte de gravité au souvenir du Prophète et à la prière, que ce soit dans un grand temple, un modeste sanctuaire, ou tout simplement chez eux.
- La Gloire d’Al'Akbar (Jour du Soleil, le 2 de Long froid)
- En ce premier shamsis du Lion du calendrier baklunien, on glorifie la déification d’Al'Akbar. Selon les textes sacrés, quatre jours après sa mort, son esprit apparut auprès de sa dépouille, revêtit un corps de lumière et pris place à bord d’une nef blanche qui disparut dans les brumes en direction des légendaires Pinacles d’Azor'Alq, où les dieux l’accueillirent parmi eux. Cette scène occupe une place centrale dans les offices de la journée et fait souvent l’objet de représentations sacrées dont la mise en scène peut être particulièrement élaborée. La matinée est dominée par une grande célébration liturgique, la plus solennelle de l’année, au cours de laquelle est proclamé le récit de la Gloire d’Al’Akbar, avant que les fidèles ne laissent éclater leur joie dans la rue.
- Le Renouveau (Jour de la Lune, le 3 de Long froid)
- Cette journée clôt la Semaine Sainte dans un esprit d’allégresse et d’espérance. Elle célèbre la naissance du culte akbarite, lorsque, au lendemain de son élévation parmi les dieux, Al’Akbar répondit aux prières de ses premiers prêtres en leur accordant pouvoirs et sortilèges qui témoignaient désormais de sa puissance divine. Coïncidant avec l’arrivée symbolique du printemps, cette fête célèbre tout autant le renouveau de la foi que celui de la nature.
Ordres affiliés
- Les Exaltés d’Al'Akbar
- Les paladins d’Al'Akbar sont rares en Flannesse, mais beaucoup plus nombreux dans leurs terres natales du nord-ouest baklunien. Ces guerriers saints font remonter leur lignée directement aux jours qui suivirent la Dévastation Invoquée, lorsqu’un être baigné de lumière solaire, connu des Paynims sous le nom d’Al'Asran, remit au prophète Al'Akbar la Coupe et le Talisman, les deux reliques légendaires, afin qu’il puisse guider son peuple hors de la souffrance et le ramener sur la voie des dieux.
- Les paladins d’Al'Akbar poursuivent encore aujourd’hui cette mission, démontrant par leurs actes que la protection des faibles et la fidélité aux anciennes traditions constituent le véritable chemin vers la révélation. Ils sont les nobles gardiens de leur peuple, protégeant les justes contre les exactions des êtres vils et corrompus qui vivent en dehors de la lumière céleste.
- Les Exaltés d’Al'Akbar portent de longues tuniques amples qui les couvrent de la tête aux pieds et dissimulent leur armure. Ces vêtements flottants sont conçus pour masquer leur tête et leur visage, ne laissant généralement apparaître que leurs yeux, bien qu’ils découvrent habituellement leur visage à l’intérieur des bâtiments. Ils privilégient les couleurs claires : blanc, sable ou beige, souvent agrémentées de touches d’or ou de pourpre sur les bordures. Les paladins de la Foi Véritable, branche plus rigoriste du culte, ne portent que du blanc, sans aucun ornement.
- Les hommes préfèrent généralement le turban au heaume, tandis que les femmes portent le plus souvent un simple diadème de métal blanc doré. Leur armure est constituée d’éléments disparates : une cuirasse dorée, des brassards et des jambières, complétés par des pièces de cotte de mailles placées aux endroits les plus vulnérables.
- Ils privilégient le cimeterre ou le fauchard oriental, y compris une version lourde comparable à une épée à deux mains. Les symboles d’Al'Akbar, la Coupe et le Talisman, sont toujours présents de manière plus ou moins discrète, certains Exaltés allant jusqu’à les faire tatouer sur leur front. Le Talisman est le plus souvent porté en pendentif, tandis que la Coupe peut être gravée sur la cuirasse ou représentée sur un étendard ou un bouclier.
- Tous les paladins d’Al'Akbar partagent le même idéal : la défense du peuple et de la culture bakluniens. Dans de rares cas, cet attachement culturel peut se transformer en méfiance, voire en préjugés envers tout ce qui est étranger, mais la plupart de ces guerriers saints combattent volontiers aux côtés de tous les serviteurs de la lumière contre les agents des ténèbres.
- Malgré leur apparence singulière, les Exaltés demeurent des paladins relativement classiques, possédant les mêmes capacités et soumis aux mêmes obligations que leurs homologues occidentaux, bien que leurs montures puissent être plus exotiques. Nombre d’entre eux résident dans le Califat d’Ekbir, mais on les rencontre dans l’ensemble de la Baklunie Occidentale, certains s’aventurant même au nord des Yatils, parmi les farouches Nomades du Tigre.
- Les Exaltés les plus rigoristes, adeptes de la Foi Véritable, sont particulièrement nombreux en Ket, mais leur zèle missionnaire les conduit souvent loin de leur patrie. Aucune des deux branches n’est réellement la bienvenue en Ull, où subsistent encore d’étranges et maléfiques cultes élémentalistes.
- On rencontre parfois des paladins d’Al'Akbar en Flannesse, mais ils y sont extrêmement rares. Malgré leurs divergences, tous considèrent comme leur devoir le plus sacré la recherche de la Coupe et du Talisman d’Al'Akbar. Ils espèrent qu’en ramenant ces reliques à Ekbir, le prophète reviendra sur Tærre et inaugurera un nouvel âge d’or pour le peuple baklunien. Ces artefacts sont depuis longtemps réputés perdus quelque part à l’Est, au cœur des terres des non-croyants.
Prêtres du culte (les Qadis et les Mullahs)
Profil psychologique des prêtres
À la suite du Grand Schisme, le culte d’Al'Akbar s’est scindé en deux grandes branches : la Foi Exaltée, dont les prêtres sont appelés Qadis, et la Foi Véritable, dont les prêtres portent le titre de Mullahs. Malgré leurs divergences, les deux communautés demeurent profondément attachées aux enseignements du Prophète. Toutes deux condamnent fermement l’esclavage et considèrent qu’aucun homme vertueux ne doit être traité comme un simple bien matériel. Les prêtres d’Al'Akbar sont généralement connus pour leur intégrité, leur sens de la justice, leur compassion envers les plus faibles et leur détermination à combattre les forces du Mal sous toutes leurs formes.
Foi Exaltée
Les prêtres de la Foi Exaltée, appelés Qadis, considèrent qu’Al'Akbar a légué à son peuple bien davantage qu’une simple religion : un véritable modèle de société fondé sur la justice, le savoir et la raison. Ils estiment que les enseignements du Prophète doivent guider aussi bien les souverains que les simples fidèles. Ils attachent une très grande importance à l’étude, à la rhétorique, à la diplomatie, au droit et à la poésie. Cultivés, souvent érudits, ils recherchent le dialogue avant l’affrontement et excellent dans l’enseignement, l’arbitrage des conflits et l’exercice de la justice.
Les Qadis voient dans les prétentions du Grand Mufti des Yatils une menace pour l’unité du peuple bakluni et les plus intransigeants n’hésitent pas à qualifier la Foi Véritable d’hérésie. Convaincus que des institutions solides favorisent le triomphe du Bien, ils reconnaissent la suprématie spirituelle du Saint Calife d’Ekbir et considèrent la Foi Exaltée comme la gardienne légitime de l’héritage du Prophète.
Foi Véritable
Les prêtres de la Foi Véritable, appelés Mullahs, recherchent avant tout une fidélité absolue aux enseignements originels d’Al'Akbar. Ils considèrent que la pureté de la foi doit toujours primer sur les considérations politiques ou institutionnelles. Leur idéal repose sur le travail, la franchise, l’obéissance aux préceptes sacrés et une vie exempte de toute vanité. Peu sensibles aux raffinements de l’éloquence ou aux distinctions académiques, ils privilégient les actes aux discours et voient dans l’exemple personnel la plus haute forme de prédication.
Les Mullahs voient dans la Foi Exaltée une institution trop étroitement liée au pouvoir temporel et contestent la légitimité spirituelle du Saint Calife d’Ekbir. Ils considèrent la Foi Véritable comme la véritable dépositaire de l’héritage spirituel du Prophète et reconnaissent l’autorité du Grand Mufti des Yatils.
Dernière mise à jour, le 12/04/2026 :