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L’infini est principe de toute chose, il les dirige toutes. C’est que toute chose provient d’un principe ou est elle-même principe. D’une part, l’infini en tant que principe n’a lui-même pas de principe qui l’engendre, sa limite est celle de ne pas en avoir et il est donc non engendré. D'autre part, toute génération reçoit une fin et toute corruption a un terme. Or, non engendré, l’infini ne reçoit pas de fin et il est donc incorruptible.
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Le temps est littéralement essentiel. En tant que gouverneur céleste du temps et de l'infinité, l’illimitable Cyndor supervise l’horloge invisible du passé, du présent et du futur des humains de Tærre. Sa sphère primordiale d’influence, celle du temps, est très ésotérique et n’intéresse donc qu’un nombre restreint d’habitants de la Flannesse quand bien même elle soit tout à fait vitale.
Le décalage entre la faible dévotion des humains à l'égard de Cyndor et l'extrême importance de son rôle dans la balance cosmique, explique son statut divin très particulier. En effet, bien que reconnu comme un dieu mineur (ses prêtres n'ayant donc pas accès à la plupart des sorts de niveau 7), Cyndor a par certains aspects les pouvoirs d'un dieu majeur.
Plus concrètement, ce n'est que dans le Primaire Temporel (la quatrième dimension, souvent appelée Plan du Temps, par analogie avec le Plan Ethéré car elle "touche" également n'importe quel point du Plan Primaire) que Cyndor peut exercer toute sa puissance. Cela lui permet, depuis les couloirs labyrinthiques de sa forteresse inattaquable Tempus Citadus, de s'acquitter simultanément de trois tâches sans fin.
Il est inutile de se préoccuper des choix que l'on fait, car tous sont joués d'avance et le destin de chacun est gravé dans le marbre du temps.
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Les suivants de Cyndor voient la vie, non pas comme une série de choix, mais plutôt comme un voyage linéaire menant d'une rencontre prédestinée à une autre. Pour eux, le libre arbitre et la réussite personnelle ne sont qu'illusoires. En vérité, tout ce qui sera jamais est déjà arrivé, en tout cas pour Cyndor qui a vu le début et la fin de toute chose.
Toute créature et tout objet porte une signature spécifique dans le Primaire Temporel : sa ligne d'univers (un chemin séquentiel d'événements, avec le temps et l'endroit comme dimensions, qui marquent l'histoire de la créature ou de l'objet). Si certaines de ces lignes d'univers venaient à être modifiées de façon aveugle, les vies de milliers d'habitants de Tærre pourraient être dramatiquement altérées.
Le temps n'est rien d'autre qu'un moyen de mettre de l'ordre dans les évènements qui jalonnent la vie d'un homme. Pour s'en convaincre, il suffit d'observer la structure du Primaire Temporel. Dans cette dimension, le temps est simplement un moyen de voyager d'un point A à un point B. Par conséquent, les choix de tout un chacun ne sont rien d'autres que des chemins immuables le long de leur ligne d'univers.
Cyndor n'est guère vénéré que dans des zones urbaines, des cités où résident des hommes cultivés, telles que la Cité Franche de FauconGris, le centre du savoir dans la Flannesse.
La plupart des érudits et des mages qui lui rendent hommage ne font pas preuve d'une profonde et fidèle dévotion. S'ils viennent parfois assister à une messe ou font un pèlerinage jusqu'à un de ses monastères isolés, c'est avant tout dans l'espoir d'obtenir des révélations.
Les temples de Cyndor sont assez rares. Il s'agit toujours de monastères, de sombres constructions en pierres de taille, qui s'élèvent en des endroits qui peuvent paraître surprenants aux non-initiés. En fait, ces monastères sont toujours érigés à proximité de lieux de pouvoir ancestral ou à venir.
On peut également trouver un monastère de Cyndor dans la partie orientale des collines d'Abbor-Alz, les éternalistes faisant des fouilles à proximité, à le recherche de vestiges de l'ancien royaume d'Itar.
Lors des services religieux, entre deux homélies, on joue d'instruments à vent. Le prêtre qui mène l'office révèle des extraits du Grimoire Perpétuel (le livre sacré du culte qui est en perpétuelle évolution) sous la forme d'histoires racontant avec moult détails troublants des tranches de vie de l'un des auditeurs ou d'une personnalité connue dans la région.
Certains prêtres, et même parfois des participants, manipulent des objets tels que des miroirs magiques, des sabliers ou des métiers à tisser, pour lancer des sorts mineurs de chronomancie ou des divinations.
Les prêtres sont très conscients de l'ampleur de la charge de leur divinité, à tel point qu'ils se donnent de l'importance et se montrent souvent distants, si ce n'est carrément hautains, notamment vis-à-vis des autres cultes qu'ils considèrent être moins essentiels.
Comme Cyndor lui-même, ses prêtres ont tendance à parler par énigmes, refusant de révéler tous les secrets de leurs connaissances du Primaire Temporel et des lignes de vie qui y demeurent. Ils croient fermement en la prédestination mais pensent être les seuls à même de la percevoir et conspuent les diseurs de bonne aventure et autres soi-disant prophètes.
La plupart des personnes familières du culte supposent que les éternalistes ont été placés par Cyndor sur Tærre pour agir comme conseillers auprès d'un monde qui serait autrement perdu dans une lutte dénuée de sens pour la survie. Tous les hommes s'interrogent sur leur avenir et tous sont attentifs aux augures, bons ou mauvais. En consultant un prophète de Cyndor, une personne peut avoir un aperçu, même vague, de ce que l'avenir lui réserve. Les éternalistes se voient donc régulièrement attribuer un rôle de conseiller auprès des monarques et autres puissants de ce monde. Dans les universités, les sages n'hésitent pas à leur demander de l'aide.
Les prêtres de Cyndor passent beaucoup de temps à consulter des sources anciennes et à étudier les paradoxes de l'histoire, afin notamment de prédire l'avenir et d'anticiper des tentatives visant à modifier celui-ci. Ils n'hésitent pas à entreprendre de longs voyages, parfois périlleux, pour se rendre sur des sites où ils suspectent que des perturbations du cours du temps ont eu ou vont avoir lieu.